Lindsay : la passion de la mécanique au féminin
Pour souligner la Journée internationale du droit des femmes, nous vous présentons le parcours solide et passionné de Lindsay Allen-Guay, mécanicienne-machiniste au Service des immeubles.
Quelles études avez-vous faites pour ce poste?
J’ai complété un diplôme en électromécanique de systèmes automatisés au Centre de formation professionnelle de Québec, un programme de deux ans terminé en mai 2014. J'étais la seule femme de la cohorte.
Déjà durant mes études, je mettais la main à la pâte : lors de mes temps libres, j’allais aider mon conjoint à son travail dans la réparation de pompes, dans le domaine pétrolier. L’odeur du gaz? Jamais un problème — au contraire, un petit plaisir!
Depuis combien de temps exercez-vous ce métier?
Cela fait 11 ans et demi que j’exerce ce métier. Après mon diplôme, j’ai voulu vivre plusieurs expériences : installation et réparation de lave-autos automatisés (été comme hiver!), mécanicienne d’entretien dans un hôpital et entretien des machines de production chez Laura Secord, de soir.
Toucher à tout, comprendre les procédés, voir des résultats concrets… et rentrer à la maison en sentant le chocolat — même si ça devient un peu trop à la longue! Chaque emploi m’a permis d’élargir mes compétences et de confirmer que j’étais à ma place dans un métier manuel et technique.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir mécanicienne-machiniste?
Je suis née sur une ferme. Très jeune, je travaillais de mes mains et j’aidais ma mère en ébénisterie. Je pensais d’abord devenir mécanicienne automobile, puis j’ai découvert l’électromécanique grâce à mon conjoint. J’ai exploré d’autres formations, mais aucune n’était aussi complète. L’électromécanique réunit plusieurs métiers en un seul : c’est devenu une passion. Je ne me vois pas me tanner.
À quoi ressemble une journée type?
Mon quotidien comprend beaucoup d’entretien préventif : graissage de systèmes de ventilation, changement de courroies et de poulies, remplacement de roulements, entretien des voiturettes du campus (direction, puissance, mécanique générale), remplacement de joints d’étanchéité sur des pompes.
À l’Université, il y a du vieux et du neuf. On apprend constamment. Récemment, j’ai découvert le fonctionnement d’un chauffe-eau instantané. Après plusieurs années, il y a toujours quelque chose de nouveau.
Qu'est-ce qui vous rend la plus fière?
Le résultat final.
Réparer un équipement pour qu’il fonctionne pendant des années, c’est extrêmement satisfaisant. Et offrir un bon service à la communauté universitaire l’est tout autant.
Un projet marquant?
La première fois que j’ai travaillé sur les tombeaux de la morgue universitaire.
Je ne savais même pas que ces installations existaient! Vérifier les mécanismes, les câbles… et savoir que notre travail soutient la formation des futurs médecins : impressionnant et motivant.
Quelles sont qualités essentielles selon vous pour exercer ce métier?
- Un bon sens de l’observation
- De la minutie
- Le désir de constamment être en apprentissage
- Aimer le travail manuel
- Accepter de se salir à l’occasion
- Surtout : aimer ce que l’on fait
Grâce aux outils modernes, le métier est beaucoup moins exigeant physiquement qu’avant. L’équipement aide énormément.
Ce qui distingue votre milieu de travail à l'Université?
L’équipe. Une équipe solide et un coordonnateur structuré changent tout. Dans une grande institution, l’organisation est essentielle.
L’Université offre aussi d’excellentes conditions : horaire d’été, vacances, conciliation travail-famille. Ce sont des éléments précieux.
Qu'est-ce que votre parcours vous a appris?
- Que j’aime profondément travailler de mes mains
- Que je suis capable de prendre ma place
- Que dans un métier encore majoritairement masculin, on peut non seulement réussir… mais s’épanouir pleinement!